Marine Japonaise
LA MARINE JAPONAISE (NIHHON KAIGUN) 

Sommaire : Au service de l'empereur - La marine Japonais een mer de chine - Une force aéronavale considérables - Le monde est en guerre - Blitzkrieg dans le pacifique - Une gigantesque guerre d'attrition - Leyte, la dernière chance - La fin.
Navires de ligne : Kongo - Fuso - Ise - Nagato - Yamato
Croiseurs : Tenryu - Nagara - Kuma - Sendai - Furutaka - Aoba - Nachi - Takao - Mogami - Mikuma - Tone - Oyodo - Yubari - Katori
Porte-avions : Shoho - Kaga - Akagi - Hiryu - Soryu - Shokaku - Taiyo - Junyo - Ryujo - Taiho - Unryu
Destroyers : Minekaze - Azakaze - Yubari - Hastuharu - Fubuki - Akatsuki - Mutsuki - Akitsuki - Asashio - Shiratsuyu
Submersibles : Type B - C - D1 - K - L4 - ST - J - D - AM - K6 - STO - KS - STS - KD7 - S7
Divers : Transports armés - Chitose - Nisshin - Mizuho - Akitsu Maru - Péniches
AU SERVICE DE L'EMPEREUR :
La marine Japonaise (Nihhon Kaigun) est encore une création relativement récente en 1941, elle n'a que 60 ans. En effet, la date capitale dans l'histoire du Japon est le moment où le commodore Perry débarqua en 1853 à Edo pour soumettre avec succès un traité de commerce entre les USA et l'empire, bénéficiant par extension aux autres puissances du moment (notamment la France et la Grande-Bretagne). Il n'était pas le premier, mais fut le seul a définitivement ouvrir le Japon (par la pression de sa flotte il est vrai). Depuis lors, le Japon connut une éqoque troublée de guerre civile entre pro- et anti-ouverture, tous déclarés au service de l'empereur. La Marine Nippone jusqu'ici était en fait la marine privée des clans qui se livraient la guerre, et était constituée principalement de jonques et même de galères, pourvues de pièces d'artillerie en bronze d'un modèle remontant au XVIe siècle ou même de canons en bois. Le fossé technologique était tel qu'il fallut une période de transition vers l'industrialisation de près de trente ans. L'Ere Meiji avec la fin de la guerre civile, consacrait la constitution d'une véritable flotte homogène au service du Shogun, avec dès 1855, l'assistance des Hollandais. Ainsi naissent les premiers vapeurs de haute mer Nippons. La marine est officiellement fondée en 1869. Allemands, Français, Américains et Britanniques, proposent et obtiennent des contrats divers. Par la suite, les Français et notamment la "jeune école" sous l'égide d'Emile Bertin allaient être de plus en plus présents dans ce domaine et fournir au Japon nombre de navires jusqu'en 1895. Mais après quelques insuccès (notamment à la bataille de Yalu en 1894) et la perte d'un croiseur dû à une mauvaise conception, les Japonais se tournèrent définitivement vers la Grande-bretagne pour la fourniture de leurs navires, canons, techniciens et ensuite pour leur académie navale et leurs tactiques.
Ainsi la flotte qui affronta les Russes à Tsushima en 1905 fut, en grande partie, modelée sur le modèle Britannique. Tous les cuirassés étaient d'origine Anglaise, et la plupart des croiseurs (Deux étaient Français et Allemands), d'autres étaient, comme les destroyers, produits localement sur des plans étrangers adaptés. Le Japon continua ainsi se doter d'une flotte sans cesse croissante, confortée par ce succès, durant la grande guerre où elle pourchassa sans répit les unités Allemandes. Ne se contentant pas de copier, elle innova, comme avec le Satsuma, premier "cuirassé monocalibre" précédent le Dreadnought d'un an, mais finalement achevé de manière classique faute de matériel) jusqu'au Hosho, premier porte-avions au monde là encore conçu sur plans. Sortie de la grande guerre avec des plans grandioses, elle subit le traité de washington, qui la reléguait derrière les marines Américains et Britanniques, comme un camouflet. Avec l'arrivée d'une junte militaire nationaliste au pouvoir, puis la conquête de la Chine du nord à partir de 1931, les tensions internationales s'étaient exacerbées, notamment avec les Etats-unis, seule flotte véritablement rivale de la marine Japonaise alors. Depuis 1914, les Japonais ne dépendaient plus de la construction britannique. Leurs derniers bâtiments portant encore la marque des arsenaux grands-britons étaient les deux premiers croiseurs de bataille de la classe Kongo. Par la suite, tous ses bâtiments du plus grand au plus petit étaient construits localement. De même, en se constituant une puissante tradition aéronavale, elle développa des tactiques agressives et efficaces qui influèrent largement sur la conception de ses navires.
1931-1941 : La marine Japonaise en mer de Chine
Pour assurer sa domination rapide la Chine, le Japon s'appuya largement sur ses moyens aéronavals, pour ensuite sécuriser l'accès de ses moyens terrestres. La Marine impériale chinoise, après des années de négligence et de corruption n'était alors qu'un ramassis de bâtiments antédiluviens, survivants de Yalu, avec peu de constructions neuves, et le gros constitué de canonnières. En aucun cas elle n'était capable de tenir tête à la flotte Japonaise, qui la détruisit en quelques semaines en 1937. A ce titre, l'attaque de l'USS Panay et le massacre de Nankin allaient mettre le Japon au banc de la SDN et lui aliéner l'opinion Américaine. En matière d'affrontement naval "classique", ce conflit ne fut d'aucune utilité, en revanche, la compétition entre armée de terre et marine pour la conquête du Japon lui permet d'affiner ses tactiques. La guerre de 1937 joua à cet égard le même rôle que la guerre civile espagnole (1937-39) pour les dictatures Européennes. Un vaste exercice militaire "sans risques" grandeur nature, pour vérifier l'application des dernières théories nées de la stratégie interarmes. Lorsqu'en 1941, la guerre éclata avec les USA, la plupart des pilotes Japonais étaient des vétérans qui avaient en effet derrière eux plus de 5 ans de combats. La conception de leurs appareils avaient suivi ainsi leurs recommandations et leur entraînement tactique était au pinnacle de ce qui était possible dans cette partie du monde. Les pilotes Américains combattant pour la Chine nationaliste de Chang Kai Tchek sous le commandant de Claire Chennault allaient d'ailleurs très vite s'en rendre compte.
Une force aéronavale considérable :
L'aéronavale Nippone, développée très tôt, devint en 1939, une force considérable, alors supérieure en tonnage à la force aéronavale Américaine, et à peine inférieure à celle de la Royal Navy. L'artisan infatigable de son éveloppement fut l'amiral Isoroku Yamamoto, qui avait compris dès les actions du Furious en 1918, ce que l'on pouvait attendre, malgrès d'humbles débuts, de l'aéronavale naissante. Lorsqu'en 1940 la Royal Navy, avec une poignée d'appareils obsolètes, mis hors d'était de nuire le gros de la marine Italienne au port, Yamamoto vit une opportunité d'opération qui mettrait hors de danger ses opérations dans le pacifique, en neutralisant la seule force menacante pour ses intêréts... Après le Hosho, suivit la reconversion des Akagi et Kaga, puis la construction des hiryu, Soryu, Zuhio et Shoho, Shokaku et Zuikaku. Ces derniers, achevés peu de temps de Pearl Habour, étaient alors les plus puissants du monde, en tonnage, en taille, en emport d'avions et en armement. Tous les pilotes, largement entraînés au-dessus de la chine, maîtrisaient parfaitement les tactiques combinant chasseurs, torpilleurs et bombardiers en piqué. De plus l'aéronavale était une arme qui disposait de ses propres troupes, chars, artillerie et avions lourds. L'aviation Nippone avait ainsi de particulier une nomenclature et spécifications différentes pour la marine et l'armée. L'excellent chasseur Mitsubishi A6M Zéro avait ainsi son pendant dans l'armée, le moins connu mais tout aussi agile Nakajima Ki-43 "Oscar". En 1941, elle disposait de pas moins de 4 modèle de bombardiers lourds et moyens spécifiquement basés à terre, ainsi que d'une dizaine de modèles d'hydravions de tous tonnages. Elle fut également l'unique utilisatrice d'hydravions de chasse, en fait un "Zero" montés sur flotteurs, le Nakajima A6M2-N "Rufe", et plus tard l'excellent N1K1 "Rex". Le concept des nomenclatures appliquées aux avions Japonais (qui continua durant la guerre froide à l'égard du bloc soviétique) est né de cette période commençant en 1937, avec la sortie de la SDN et le repli (relatif) du Japon. En 1940, Yamamoto partit de l'attaque de Tarente par la Marine Britannique et s'en inspira, avec l'aide d'officiers-pilotes, à mettre au point l'opération Z. La cible : Pearl Harbour.
7 Décembre 1941 : Le monde est en guerre.
Et c'est la flotte Japonaise qui ouvrit les hostilité avec une attaque perpétrée avec une grande hardiesse, mais sans état d'âmes. Les discussions diplomatiques allaient encore bon train la nuit même ou cette force décolla des porte-avions, plus d'une centaine de kilomètres avant Hawaii. Ce formidable "coup de poker" mené par Yamamoto -devant l'opposition d'autres amiraux plus traditionnalistes dont Ozawa devait "assomer" l'opinion publique Américaine, la décourager. Ce fut exactement - comme Yamamoto le pressentait peu après l'annonce de son succès - le contraire qui se produisit. Après le choc, l'outrage, et une président d'appeler le "jour de l'infamie" ce tranquille dimanche au paradis, où plus de 4000 marins et personnels de la base furent brutalement tirés de leur sommeil, pour mourir peu après. Certains brûlés, d'autres noyés, d'autres enfin mitraillés au sol. Sans revenir sur les détails de l'opération (voir l'attaque sur Pearl Harbour), l'attaque, menée en deux vagues (et non trois, la dernière étant annulée par Ozawa, trop heureux du succès et pressé de s'en retourner) fut en apparence un succès certain - pour les traditionnalistes : Tout le "battleship row", fer de lance de la flotte du pacifique, fut mis hors de combat pour au moins un an ou plus, le temps pour le Japon de consolider son empire dans le pacifique. Mais ce qui n'avait pas échappé aux historiens et aux spécialistes, en particulier à la lumière des évènements qui suivirent, fut que Pearl Harbour avait été un échec partiel : D'une part, aucun des porte-avions de la flotte ne fut coulé (étant, par chance, absents), mais de plus les réservoirs de mazout de la flotte restèrent intacts, donnant à ces même porte-avions le moyen d'opérer sans délai. Cet erreur fut chèrement payée. Pendant un an, ces quelques porte-avions, avec une poignée de croiseurs, allaient tenir bon devant l'armada Nippone, et même lui infliger une sérieuse défaite à Midway, le temps que l'industrie américaine, ne terrasse par son poids la Marine Nippone.
Blitzrieg dans le pacifique :
L'Empire du Japon démontra qu'en matière de tactiques combinées, elle n'avait rien à apprendre de son allié Nazi : En quelques semaines, suivant Pearl Harbour, elle allait capturer toutes les îles importantes pour la maîtrise stratégique du Pacifique. A l'ouest, elle allait porter la guerre en Indonésie et écraser la faible marine Hollandaise assistée de navires Britanniques et du Commonwealth (la force ABDA), puis mettre définitivement hors d'état de nuire la Royal Navy dans le secteur en détruisant d'un coup le fleuron de la flotte de Singapour, à peine arrivée. Un croiseur de bataille et un cuirassé ultra moderne, récemment illustré contre le Bismarck, puis plus tard, l'unique porte-avions dépêché sur les lieux (Hermès). Singapour elle-même ne tarda pas à tomber, de même que les Philippines, l'indonésie et Java. Puis ce fut la nouvelle guinée, et enfin les îles Salomon, dernière muraille protégeant l'Australie. Si les marines s'illustrèrent par leur tenacité malgré la situation désespérée de leur position à Guadalcanal, la Marine Nippone montra par ses succès incontestables qu'elle avait une maîtrise tactique indéniable (notamment la bataille du "fond de ferraille", ou de nuit et par surprise, elle décima trois croiseurs Américains). A Santa Cruz, elle s'attribua une victoire qui fut en réalité "Pyrrhique". A Midway, le déroulement rapide et incertain de la guerre aéronavale - nouveau pour tout le monde, associé à des décisions malchanceuses, et au courage indéniable des pilotes, de même que la chance du côté Américain, retourna la situation désespérée en véritable miracle. Le japon y perdait non seulement de nombreux pilotes vétérans, mais aussi quatre précieux porte-avions. C'était le moment clé de la guerre du pacifique. L'initiative retournait aux Américains, qui pensaient dès lors à la reconquête. Elle prit une tournure de guerre d'attrition. Le Japon se battait pour défendre ses acquis, notamment les précieuses matières premières vitales pour son industrie, pétrole, caoutchouc... Tandis que la reconquête du pacifique était vue côté Américain comme la condition sine qua non d'une victoire totale sur son adversaire. D'ou l'acharnement cruel des combats jusqu'au dénouement d'Hiroshima.
Une gigantesque guerre d'attrition :
On connaît la guerre du pacifique par la multitude des nations engagées, la variété des théâtres d'opérations, et à côté des affrontements de fantassins en Birmanie, Malaisie, Nouvelle Guinée, ce fut l'affrontement de deux marines, ses fantassins (les US Marines et les troupes de marine Japonaises), ses porte-avions, aviateurs, et leur escorte de navires de ligne, croiseurs et destroyers. Mais un autre côté de cette guerre est moins connu : Celui que menèrent les submersibles Américains contre les routes "commerciales" Nippones, depuis ses centres d'extraction du pacifique sud jusqu'à la métropole. C'était en effet l'exact miroir inversé de la guerre sans merci que livraient les U-Bootes Allemands contre les convois Britanniques. Et de la même façon, les unités Américaines opéraient en meute et obtenaient de prodigieux succès au long de la guerre. Outre les porte-avions, cuirassés, croiseurs et innombrables destroyers qu'ils coulèrent, ces sous-mariniers décimèrent la flotte commerciale Japonaise, envoyant par le fond des dizaines de pétroliers et centaines de cargos chargés de ces précieuses ressources dont l'industrie Nippone avait grand besoin. La marine Japonaise de son côté, mit au point à partir de 1943, un plan massif de construction d'escorteurs, destroyers simplifiés, corvettes et chasseurs de submersibles, mais aussi une arme unique au monde, en avance sur son temps : Le porte-hélicoptère de lutte ASM. En effet, elle convertit nombre de navires civils en porte-avions d'escorte et parmi eux, l'Akitsu Maru et son jumeau, le Ninjitsu Maru, paquebots convertis qui furent les premiers transports d'assaut, puis avec la tournure des événements, furent testés avec le seul exemple d'autogyre équipé avec une depht-charge de 60 kgs, le Ki1. Mais leur action fut dérisoire en regard des submersibles engagés : La classe "Gato" avec les sous-classes Balao et tench compta en tout 77 unités, à comparer avec les centaines d'U Bootes engagés (plus de 1100 construits durant le conflit). Moins spectaculaire, cet aspect de la guerre du pacifique fut pourtant tout aussi déterminant que les opérations amphibies.
Leyte, la dernière chance :
On a dit que l'attaque de la flotte Japonaise lors des opérations des Mariannes et des Philippines en 1944 pouvait se comparer à une "contre-offensive des ardennes" ou même un "kursk naval", ce fut en effet le dernier coup de poker, mené cette fois par des amiraux de la "vieille école", l'amiral Isoroku Yamamoto étant décédé après que son avion ait été abbattu en avril 1943. La campagne des Mariannes et des Palau, deux avants-poste protégeant le flanc est des philippines, dernier grand bastion des forces Japonaise du pacifique, fut un épisode funeste pour l'aéronavale, qui y jeta littéralement ses dernières forces, de rares vétérans et les jeunes pilotes qui leur avaient succédé. Au moment de la bataille de Leyte, le Japon avait rassemblé le restant de ses forces disponible dans une gigantesque opération tactique en tenaille, reposant sur trois flottes, un fer de lance, le "marteau" composé d'unités lourdes (la force centrale de Kurita, arrivant au nord de Palawan), l'"enclume" représenté par les forces combinées de Shima et Nishimura attaquant par le sud, au nord de Mindanao, et enfin la "force-appât" commandée par Ozawa arrivant par le nord et composée principalement de porte-avions (dépourvus d'appareils), destinée à détourner l'attention de la formidable force escortant la flotte de débarquement, la 3e flotte commandée par "Bull" Halsey. L'opération faillit bien réussir. Comme prévu, Halsey tomba "dans le panneau", et fonça au nord à la poursuite d'Ozawa, tandis que le formidable "marteau" de Kurita, manoeuvrant très habilement entre les îles, tomba sans crier garde sur la petite Taffy 3 qui protégeait le débarquement Américain : Une poignée de porte-avions d'escorte et leurs chiens de garde, destroyers et destroyers d'escorte. Mais ce que la Japonais ne s'attendaient pas à voir, ignorant la force du dispositif de faction, était la résistance opiniâtre menée par les destroyers, qui furent détruits ou endommagés mais tinrent en respect suffisamment kurita pour que ce dernier se retire, ayant perdu deux unités majeures et d'autres hors de combat. Un "david contre Goliath" qui valut des citations présidentielles à leurs équipages. La situation qui avait prévalu à Guadalcanal aurait pu se reproduire. Les troupes Japonaises des Philippines étaient supérieures en nombre aux Américains. Mais par miracle, la tête de pont, soutenue par les survivants de la Taffy 3, tint bon. Aucune nouvelle action de cette envergure ne se reproduisit côté Japonais, qui avaient définitivement perdu l'intitative. Le manque de pilotes et de carburants joua un rôle essentiel dans cet état de fait. Commença alors la phase la plus désespérée de la guerre : Le recours au kamikazes.
Kamikazes et armes secrêtes :
A partir de la fin 1944 commençèrent les plus durs, les plus acharnés et sanglants engagements de la guerre du pacifique, en se rapprochant du Japon même. Tarawa, Saipan, puis Iwo Jima et enfin Okinawa. L'aviation Japonaise, privée de carburants et de pilotes expérimentés ne fut bientôt plus en mesure d'intervenir autrement que sous la forme de raids-suicide, les fameux kamikazes ("vent divin"). Ces raids qui terrifièrent les Américains et effectivement coulèrent ou endommagèrent très gravement nombre de navires, et pas des moindres : Les porte-avions constituaient en effet une cible privilégiée du fait de leur taille comme de leur importance. Les pilotes, venant de tous horizons et pas inexpérimentés comme on l'a souvent dit, prenaient le saké en honneur de l'empereur avant de décoller, cérémonie rituelle, puis parfois chargés de bombes pour maximiser l'effet de leur impact, tentaient de se crasher sur le pont ou la coque des bâtiments Américains. Le porte-avions d'escorte USS St Lo fut ainsi coulé, les USS Enterprise et Bunker Hill, très gravement touchés, furent mis hors de combat jusqu'à la fin de la guerre.
Le premier raid, conduit par le lieutenant Seki fut mené à Leyte en octobre 1944 et courronné de succès. Le plus grand de ces raids survint à Okinawa lors de l'opération Kikusui, avec près de 400 appareils. Si de nombreux avions furent abattus, les Américains perdirent 7 navires tandis que 200 étaient touchés plus ou moins gravement. Les attaques kamikazes étaient souvent bien plus efficaces que les attaques conventionnelles. Lors de cette même opération furent mis en oeuvre les Ohka ("baka"), premiers avions-suicides spécialisés, dotés d'un moteur fusée allumé lorsque l'appareil était déployé sur zone depuis un bombardier-mère Mitsubishi G4M "Betty". Les avions n'étaient pas les seuls armes-suicides déployés : Les Japonais mirent en service à partir de la mi-44 plusieurs modèles de torpilles pilotées "Kaiten", déployés depuis des submersibles et des destroyers réformés. Le seul succès tangible fut celui de la destruction du pétrolier USS Mississinewa en novembre 1944. De très nombreux Kaiten furent cependant produits et déployés en 1945 sur les côtes du Japon. Des vedettes-suicide Shinyo furent également déployées de même, peu de temps avant que la bombe atomique ne soit larguée, des bataillons de "nageurs suicide", chargés d'explosifs.
La fin :
Le déploiement du Yamato dans sa dernière sortie "sans retour" destiné à venir d'échouer à Okinawa (opération Ten-go) pour utiliser son artillerie contre la force de débarquement Américaine fut tuée dans l'oeuf par l'aéronavale en mars 1945. Ce fut l'une des dernières tentatives sérieuse de contrer les opérations Américaines. Le gros de la marine Japonaise était désormais ancré en permanence à Kure, le grand arsenal militaire du sud du Japon, qui commença à subir les raids aériens massifs de l'US Navy à partir de janvier 1945, culminant en juillet 1945, en préparatifs à l'opération Olympic. Durant 4 jours, des raids ininterrompus venant des task-forces US et Britanniques pulvérisèrent les installations et coulèrent tout ce qui restait à flot, dont des porte-avions, cuirassés, croiseurs, destroyers et d'innombrables autres bâtiments. Ce fut un "pearl harbour à revers".
Ci-contre : Le porte-avions Amagi (1944) photographié à Kure en 1946. Il avait été envoyé par le fond lors du raid de juillet 1945.
Bien que les Américains auraient pu choisir comme les alliés à la sortie de la grande guerre, de priver le Japon de toute chance de reconstruire une armée, le pays, alors sous tutelle, fut utilisé comme base avancée de l'US Navy dans le pacifique, et son réarmement naval effectué sous la bannière d'une "force d'autodéfense". Sa position stratégique en faisait un allié essentiel durant la guerre froide. La marine Nippone à depuis pris de l'importance tant par le tonnage de ses bâtiments que leur nature. Symboliquement aucune porte-avions ne fut construit, et ce n'est que récemment, en mars 2009 que fut lancée la classe Hyuga, officiellement des "destroyers-porte-hélicoptères" mais leur grande taille et leurs équipements les rendent aptent à mettre en oeuvre des AV8 Harrier 2...
NAVIRES DE LIGNE JAPONAIS
Cuirassés rapides classe KONGO (1912):

Le Kirishima en 1941.
Ce furent les derniers bâtiments Japonais construits par la grande-bretagne. Une habitude qui avait démarré en 1890 et s'était ensuite poursuivie après le succès de Tsushima. Il s'agissait de croiseurs de bataille, un type de bâtiment alors en vogue en 1912. Mais ces derniers, quatre navires commandés par l'amirauté nippone en 1911, différaient notablement de unités Britanniques, ayant cependant une ressemblance certaine avec les trois "Princess Royal" de la même époque. Les trois cheminées de taille inégale, la proue carrée et la poupe pointue et effilée, les tourelles C et D décalées, étaient autant de points communs. La protection également... Fort Heureusement les Japonais entreprirent dès 1925 de renforcer cette protection. Les deux premiers navires, Kongo et Haruna furent effectivement délivrés par deux chantiers Britanniques, lancés en 1912 et achevés en 1914, avec des pièces Armstrong. Mais le Hiei et le Kirishima furent construits et achevés à kure, alors nouvellement agrandi et dotés d'une forme de carène capable d'héberger de tels bâtiments. En 1914, lorsque les deux derniers furent achevés, ils constituaient le lot le plus impressionant du pacifique. Les Américains n'avaient alors aucun navire pouvant rivaliser. Leur vitesse était de 32 noeuds et ils pouvaient faire feu de chaque bord avec huit pièces de 356 mm portant à près de 20 000 mètres. L'armement se complétait par une batterie de pièces moyenne en barbettes (18) et de multiples pièces rapides antitorpilleurs.

Le Hiei en 1940. A leur entrée en service en 1913-1915 les quatre Kongo étaient les plus redoutables navires de ligne du pacifique.
A partir de 1928 et jusqu'en 1931, ils passèrent tous les quatre en refonte. Cette dernière fut totale et concerna pratiquement tout, de la propulsion à l'armement, des superstructures au blindage. La première priorité fut d'augmenter le blindage tout en profitant de la modernisation de leur appareil propulsif, passant au mazout. Une coque allongée devait permettre de conserver de la vitesse. Et de fait, même après un renforcement considérable de leur protection, et près de 10 000 tonnes de plus sur la balance, ils filaient encore 26 noeuds, ce qui les fit classer dans la catégorie des "cuirassés rapides", puis 30,5 après une seconde modernisation de leur machinerie. L'un de leurs signes caractéristiques après refonte était leur imposante "pagode" un assemblage de passerelles autour du mât tripode avant, qui restait relativement raisonnable en hauteur (principalement pour des raisons de stabilité et de hauteur de hune). Leur DCA fut constamment renforcée jusqu'en 1944. Leur largeur fut accrue par l'ajour de Bulges de protection ASM massifs.
Ci-contre : Le Haruna en 1934, après refonte.
Caractéristiques (1944) :
- Déplacement: 36 600 t. standard -37 187 t. Pleine Charge
- Dimensions: 220 m long, 30,8 m large, 9,7 m de tirant d'eau (pleine charge)
- Propulsion: 4 hélices, 4 turbines Parsons, 11 chaudières, 136 600 cv, Vitesse maximale 30,5 noeuds -RA 15 000 Km/26 noeuds
- Blindage: Maximum (ceinture) 279 mm, tourelles 227 mm, magasins à munition 101 mm, citadelle 254 mm.
- Armement: 8 pièces de 356 mm (4x2), 16 pièces de 152 mm barbettes, 8 de 127 mm AA, 118x25 mm Type 96 AA, 8 TLT 533 mm, 3 hydravions Nakajima.
- Equipage: 1437
Cuirassés classe FUSO (1915) :
Le Fuso en 1939. Sa puissante DCA n'avait pas été encore installée. Cliquez pour la version haute définition (1/400e)
Ces puissants dreadnoughts étaient en fait des lointains dérivés du HMS Dreadnought en 1906. Leurs plans avaient étés conçus au Japon pour la première fois, mais ils n'étaient pas le fruit de l'éxpérience acquise précédemment, notamment celle de la bataille de Jutland à l'ouest. Les ingénieurs avaient cependant planché sur un navire se repprochant la vitesse d'un croiseur de bataille, tout en ayant le blindage classique d'un dreadnought. Pour loger son énorme machinerie, capable, sur plans, de délivrer plus de 25 noeuds, la coque était massive. Le Fuso et le Yamashiro, mis en chantier en 1912 furent lancés en 1915 à Kure et Yokosuka et mis en service en 1917. Ils étaient alors les plus puissants navires de guerre du monde, surclassant tout ce qui flottait aussi bien au sein de la Royal que de l'US Navy, un véritable symbole des ambitions impériales en Asie. Sur le plan de l'armement, ces deux unités disposaient de manière classique de leur artillerie, dérivée des modèles Armstrong, en six tourelles doubles dans l'axe. Cela donnait une bordée puissante mais un tir en chasse et en retraite plus limité du fait de l'arc des pièces centrales... Pour autant ces deux navires conservèrent longtemps leurs pièces secondaires en barbettes, et leur DCA installée de prime abord fut très limitée.
Les choses sérieuses vont démarrer en effet vers 1925. A cette date, les super-dreadnoughts qui devaient les remplacer avaient été annulés par le traité de Washington et étaient en cours de reconversion comme porte-avions. La reconstruction et refonte du Fuso démarra en 1930 et s'acheva en 1933, pour reprendre ensuite en 1935 et s'achever en 1937, tandis que son jumeau le Yamashiro, la fit d'une traite, de 1930 à 1935. Ces années servirent à reconstruire leur machinerie, chaudières, résultant dans une sihouette nouvelle, la reconstruction de leur passerelle et blockhaus arrière, la pose d'une catapulte et de rail de service pour les trois hydravions embarqués, de nouveaux télémètres, salles de contrôle, moyens de reconnaissance et optiques à la pointe, ainsi qu'une puissante DCA. La coque fut également sérieusement élargie (bulges), avec une protection sous-marine et anti-aérienne largement améliorées, leur tonnage passant à 39 150 tonnes et leur vitesse à 25 noeuds.
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Le Fuso en 1944. Son artillerie antiaérienne avait atteint alors son maximum, et le navire était équipé de nouveaux système électronque de télémétrie plus avancés et radar (wikipedia).
En 1939, malgré leur modernisation récente, les deux navires faisaient figure d'ancêtres. Néammoins rapides et redoutables, ils formaient une part non négligeable des forces navales de l'empire du Japon, alors constitué des trois paires Fuso, Ise et Nagato, ainsi que des quatre Kongo. Le Yamato et son jumeau étaient alors en constrution dans le plus grand secret. Entre 1937 et décembre 1941, les équipage de ces deux navires eurent tout le temps de s'entraîner mais la vie active de leurs bâtiments ne fut pas aussi brillante qu'attendue, notamment du fait de leur âge. Le Fuso tenta d'intercepter au retour la force de Doolittle, en avril 1942, participa, comme force écran, à la bataille de Midway, et fut présent à Truk et Biak en 1943 et 1944. Son sort fut scellé à la plus grande bataille aéronavale de tous les temps. A Leyte, ou plus exactement lors de la bataille du détroit de Surigao le 25 octobre 1944, il était sous les ordres de Shōji Nishimura lorsqu'il fut frappé, pendant l'attaque, par deux torpilles du très hardi destroyer USS Melvin. Il semble que le navire coula longtemps après s'être retiré, sans survivants...
Ci-contre : Le Fuso en 1942, avec son impressionnante "pagode", la plus haute superstructure de passerelle au monde...
Le Yamashiro de son côté, participa à quelques actions de protection mais sans réellement combattre, et rencontra son destin à Leyte, à la bataille de Surigao, où il fut non seulement frappé par quatre torpilles de destroyers, mais aussi de nombreux obus lourds des cuirassés Américains, coulant en ne laissant que 10 survivants...
A voir : Une illustration officielle de reconnaissance des silhouettes pour les commandants de l'US Navy servant à identifier par télémètre les navires rencontrés, et montrant la passerelle des Fuso encore plus démesurée...
Caractéristiques (1944) :
- Déplacement: 37 500 t. standard -39 700 t. Pleine Charge
- Dimensions: 213 m long, 33,1 m large, 9,7 m de tirant d'eau (pleine charge)
- Propulsion: 4 hélices, 4 turbines Brown Curtis, 8 chaudières, 75 000 cv, Vitesse maximale 25 noeuds -RA 15 000 Km/23 noeuds
- Blindage: Maximum (ceinture) 305 mm, tourelles 305 mm, barbettes 204 mm, citadelle 351 mm.
- Armement: 12 pièces de 356 mm (6x2), 14 pièces de 152 mm barbettes, 8 de 127 mm AA, 95x25 mm Type 96 AA, 3 hydravions Nakajima.
- Equipage: 1550

